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Pour un monde plus beau. »
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Cogne sans émoi ! »
Le point de vue du mois
Mais c’est l’avenir certes ! »
LA DORSALE DU MAL
NB : Je vous donne ici les deux premiers chapitres du livre proposé en souscription, afin de vous intéresser à son histoire, de vous mettre l’eau à la bouche !
I
Gary respira l’air vicié du spatioport. Cela sentait le carburant, la gomme et l’urine… et à travers des vitres épaisses on parvenait à voir que le ciel était gris. Enfin, il était de retour sur Terre et il y avait bien longtemps qu’il avait quitté la planète mère. Depuis qu’on s’était rendu compte que l’univers avait des plis, mais surtout depuis qu’on avait compris comment passer de l’un à l’autre, il avait beaucoup voyagé parmi les galaxies. Mais pourquoi était-il parti ?
Aussi loin que remontaient ses souvenirs, il avait toujours aimé la nature, car il ressentait particulièrement vivement sa beauté. Or, jamais il n’avait considéré qu’une voiture pût se fondre dans le paysage ; sa peinture y faisait toujours tache, surtout après une marche de plusieurs heures dans les bois, où l’esprit s’était rempli de mille nuances de verts et de mille autres enchantements.
Somme toute, Gary luttait contre la civilisation, il trouvait l’homme grossier, bruyant ou inconséquent et par exemple, il ne comprenait pas comment certains, dans les villes, en payant et par l’installation de panneaux publicitaires pouvaient enlaidir les rues. Pourtant, ici ou là, on construisait incessamment de nouvelles habitations et même si la plupart rendaient Gary haineux à l’égard des architectes, la raison lui murmurait qu’il faudrait faire avec.
Mais la nature avait continué à perdre du terrain, d’ailleurs on lui avait donné le nom d’environnement et on l’avait de plus en plus évaluée en termes de services ! Sa beauté n’était pas perçue comme une richesse et elle-même était pour ainsi dire à la botte de l’humanité. Certes, des changements climatiques très menaçants firent qu’on s’efforça de limiter sa destruction, mais l’égoïsme la réduisait toujours au rang d’accessoire, quand il ne la considérait pas comme un marchepied !
Les voyages spatiaux promettaient des horizons plus sauvages et c’est pourquoi Gary avait embarqué. Ainsi, sur Bellia II, il s’était enfoncé dans des nuits d’un violet luminescent, alors que toujours plus loin s’étalait le jaune d’or des dunes. Il avait, parmi les nuages rouges de Copranina, suivi comme des amours de serpents les enlacements de milliers de trombes, dont le vert cendreux finissait par s’éparpiller devant des façades de glace gigantesques. Et que dire des chutes de VRS 73, qui s’écoulaient quasiment à l’horizontale du fait de la faible pesanteur ! Cette eau puissante et pure ne retombait qu’après des centaines de kilomètres et était couronnée de myriades d’oiseaux venus se rafraîchir, mille éclats au-dessus tandis qu’au-dessous et constamment humidifiés paressaient d’énormes nénuphars à la fleur d’un beau rose !
Pourtant, on n’avait jamais découvert une exoplanète plus diversifiée que la Terre, ni non plus d’extraterrestres proprement dits, d’autres vies conscientes !
Mais que faisait Gary pour survivre en ces destinations lointaines ? Essentiellement, il enseignait, il enseignait sa langue aux pionniers et à leurs enfants, cela leur servirait quand ils voudraient visiter son pays… Mais comme ce n’était pas grand-chose, Gary gagnait peu et s’efforçait de se voir heureux plus près de son idéal : des alentours plus préservés ! Toutefois, après bien des années, il s’était senti fatigué et il avait décidé de rentrer… à la maison ! Mais avait-il encore un chez-soi, la Terre n’avait-elle pas trop changé entre-temps ?
Maintenant les voyageurs empruntaient un vaste couloir parfaitement éclairé. Tout en se laissant porter par un tapis roulant, on pouvait entendre une radio et pour l’instant y était retransmis un meeting politique. L’orateur, après certaines phrases, voulait produire un effet, mais on applaudissait à d’autres moments et le résultat était une sorte de cacophonie qui donnait à la politique cette récurrente image de spectacle pompeux et artificiel.
« Apparemment, les choses sont demeurées les mêmes » songea Gary, mais il savait qu’il n’en était rien. Il avait cette rare faculté d’établir une vue d’ensemble à partir de petits faits, qui, pour un œil non averti, restaient anodins et sans liens entre eux. Lui rassemblait toutes les informations comme les paillettes d’un kaléidoscope et il finissait lui aussi par obtenir un dessin parfaitement cohérent. La plupart travaillaient dans leur champ quand lui en altitude comptait les parcelles.
Mais ce n’était pas dans son quotidien que le monde avait connu ses plus grands changements, c’était dans sa philosophie ! La base de la laïcité avait rendu suspect tout ce qui était subjectif et seul était vraiment accepté ce qui pouvait être prouvé par le calcul ou l’expérience ; ce qui était exact ! C’était la voie ouverte au triomphe de la science et elle était bientôt apparue comme l’avenir, comme la réponse à tous les maux. Si on n’avait pas encore telle solution, ce n’était qu’une question de temps, tout finirait par être explicable !
Oh ! cela ne voulait pas dire pour autant que dans le savoir régnait l’harmonie ! Par exemple, la psychanalyse avait longtemps crié après la génétique qui affirmait que tout venait des gènes ; la discipline de Freud oubliant qu’elle avait elle aussi en son temps soutenu le même propos, mais en ce qui concernait l’enfance et ses événements, ce qui avait alors aussi pesé sur les esprits !
Puis, elle-même avait repris la forme d’une métaphysique, car les plus récentes études sur le cerveau l’avaient coupée à la base ! En effet, l’imagerie médicale notamment montrait que si la maladie mentale était avérée, il y avait à son origine une altération organique. Ainsi, chez les schizophrènes, qui se plaignent généralement d’entendre des voix, on prouva qu’il manque bien dans le cerveau certaines parois1, comme des murs antibruit, ce qui fait que la pensée peut y prendre une résonance très désagréable !
Par ailleurs, le suivi de ce qu’on appelle les autistes de haut niveau, ceux qui ont une aptitude particulière pour les arts ou la science, avait produit des résultats étonnants : tel prodige venait au monde avec une connaissance complexe de la musique, sans qu’il y eût apprentissage… Ou on tendait à croire que la création artistique était surtout le fruit d’un développement anormal du cerveau, ou on pensait encore qu’elle venait en fait d’une disposition à rester critique envers les codes de la société et là toujours pour les deux cas il y avait une différence dans les organes !
Donc, les troubles psychiques n’étaient pas seulement une affaire de traumatismes, même si le principe du refoulement demeurait valable, et l’art, pas plus que le mysticisme, n’était qu’une sublimation ! Certes, l’artiste utilisait, pour créer, l’énergie de la pulsion sexuelle, mais comme bien d’autres choses et la libido, avec tous les avatars qu’elle pouvait connaître, n’était plus le tronc d’où partaient toutes les branches définissant les névroses.
Cependant, l’idée que la science apportât tôt ou tard une réponse à tous les problèmes s’était peu à peu imposée ! Cela se sentait d’une manière évidente du côté de la psychologie, car c’était bien sûr un domaine qui intéressait le plus grand nombre, chacun voulant de plus en plus le bonheur ! La psychologie, sans le dire expressément, laissait entendre ceci : « Il n’y a pas d’unité entre les hommes, vous êtes libre de penser ce que vous voulez, seule importe votre vérité, à condition bien entendu que vous respectiez les règles sociales et votre équilibre ! Si vous souffrez, si vous vous sentez malheureux, si vous êtes victime par exemple d’une dépression, considérez-vous d’abord comme un malade, un malade comme un autre, et alors il y a le traitement, les médicaments et la psychothérapie ! »
Les hommes étaient devenus pareils aux voitures quand elles sont en panne et qu’on les mène au garage. Avec une nouvelle considération sur son être, débarrassé de ses affects trop vifs et des sentiments de culpabilité qu’ils entraînent, reconstruit, l’individu reprenait sa place dans le trafic. Il devait y circuler autrement pour une vie meilleure !
Cette vision, Gary l’avait reconstituée peu à peu en lisant des revues, des journaux2, bien qu’il les eût parcourus très tardivement et maintenant il n’était pas plus étonné que cela que l’on parlât autour de lui d’un nouveau détecteur, par lequel on devait passer avant de rejoindre complètement le monde extérieur. Cette machine repérait toutes les maladies, on y était scanné de bas en haut et très précisément et même les tensions anormales étaient prises en compte, car elles pouvaient révéler des troubles psychiques.
Ce dispositif avait d’abord été mis au point pour éviter toute pandémie, mais aussi il visait à obtenir des populations les plus saines possibles ; ce qui disait encore une fois la technicité et le pouvoir de la science. En tout cas, les autorités étaient persuadées que tout le monde y gagnait.
Malheureusement, quand ce fut au tour de Gary de se présenter, une lumière rouge s’alluma et une sonnerie retentit, c’était l’alerte à cause d’une anomalie. Gary était malade et un danger pour les autres !
1En réalité, dans ce cas, le fonctionnement du lobe frontal est imparfait et son rôle inhibitoire sur le cortex temporal, ce qui permet d’assurer l’intimité de notre vie mentale, ne s’exerce pas. Le langage intérieur est alors perçu comme un langage venant du dehors et donc automatiquement attribué à une personne étrangère.
2Malgré le Net, le journal en papier avait subsisté, parce qu’on s’était rendu compte, cardiologues en tête, que rien ne pouvait remplacer le sentiment de paix que produit la page imprimée et donc son effet bienfaiteur sur les organismes ; tandis que la page électronique reste un élément sous tension… Pour la même raison, le livre traditionnel survécut lui aussi et à force certains se rappelèrent la formule de Marshall McLuhan : « Le message, c’est le média ! »
II
Sans trop de ménagement et par deux policiers, Gary fut conduit le long d’un couloir presque blanc à force d’être éclairé. Puis, dans une pièce tout aussi impeccable, on le laissa devant deux personnes assises de l’autre côté d’une table. Il y avait là un homme et une femme, qui venaient juste de dépasser tous deux la trentaine, alors que Gary avait déjà fêté ses quarante ans. L’homme prit la parole :
_ Mais asseyez-vous donc, monsieur… monsieur…
Il examinait la fiche qu’il avait devant lui.
_ Doll ! répondit Gary venant à son aide.
_ Oui ! c’est ça ! Monsieur Doll ! enchaîna vivement l’homme avec un ton légèrement moqueur. Je suis le docteur Anderson et voici le docteur Ross !
La femme inclina la tête alors que Gary se tournait vers elle. Puis, il y eut un moment de silence, comme si Anderson prenait bien tout son souffle pour mieux se lancer :
_ Monsieur Doll, le contrôle a signalé un problème au moment de votre passage… et d’après les premières informations dont nous pouvons disposer, des tensions anormales ont été relevées… sur votre personne… et elles correspondent à peu près sûrement, notre expérience étant assez vaste dans ce domaine, à un TOC ! Lequel ? Il ne nous est pas possible de nous exprimer là-dessus pour l’instant… Il nous faudrait un examen plus poussé pour cela… En tout cas, il ne fait pratiquement aucun doute que vous êtes sujet à des troubles psychiques !
Comme Gary restait silencieux, Anderson continua :
_ Vous n’êtes pas sans savoir que l’OMS, dans le but de protéger les peuples, surtout depuis la possibilité des voyages spatiaux, a pris un certain nombre de mesures. Ainsi, tout voyageur malade ne pourra être laissé libre dans son pays qu’à la condition qu’il soit guéri ou qu’il suive un traitement… Il y a toutefois des exceptions, vous vous en doutez, mais je ne vais pas vous en dresser ici la liste, car vous n’êtes pas concerné ! Nous considérons en effet les troubles psychologiques comme de grands facteurs à risques pour des populations ignorantes sur le sujet et donc vulnérables ! Vous avez dû entendre parler de l’affaire du Droconus ?
Ce nom évoqua quelque chose dans l’esprit de Gary. Le Droconus… C’était un vaisseau parti pour les plus lointaines galaxies, à la recherche du métal blanc, celui qui allait assurer la propulsion des plus grandes fusées ! Mais on avait perdu le contact… on pensait même l’équipage disparu… Puis, un jour cette silhouette, qui était devenue vieille entre-temps, avait réapparu dans le ciel… provoquant l’enthousiasme des foules ! On avait de nouveaux héros à fêter, d’autant que les cales étaient pleines du précieux combustible. Au plus célèbre hôtel de la ville, on avait conduit les voyageurs… Sous les bravos on débouchait le champagne, quand le visage de l’officier navigateur avait brusquement changé : il était passé du rose au gris, puis du gris au noir. A la fin, il semblait avoir été couvert de suie, mais le plus effrayant c’était qu’au-dessus d’un rictus les yeux prenaient la couleur rouge.
Juste après, les événements s’enchaînèrent si vite qu’ils furent plus flous : tout l’équipage subissait la même métamorphose et chacun, avec son arme de service, ouvrit le feu sur l’assistance médusée. « Panique et carnage ! » titra la presse le lendemain, plus d’une centaine de morts, avant qu’on abattît les fous de l’espace, comme on les surnomma par la suite… Qu’était-il arrivé ? On ne le sut jamais vraiment… On passa le vaisseau au peigne fin, pour découvrir une sorte de mousse, qui s’étendait un peu partout, mais on ne put en dire davantage… Avaient-ils perdu la raison à cause de l’isolement des confins ou avaient-ils été les victimes d’une forme de vie extraterrestre ? Toujours est-il qu’effectivement il avait fallu prendre des mesures.
Après avoir baissé les paupières pour dire qu’il se rappelait bien cette histoire, Gary se racla la gorge, mais Anderson n’avait pas fini :
_ Cependant, le traitement que nous vous proposons dépend, surtout dans votre cas, de la bonne volonté du patient et c’est pourquoi il n’est pas obligatoire… Mais alors, si vous refusez notre aide, vous vous retrouverez dans le secteur E !
_ Le secteur E ? demanda Gary.
Un instant Anderson le dévisagea, avant de reprendre :
_ Comme ça doit faire longtemps que vous n’êtes pas revenu sur Terre, il est normal qu’un certain nombre de choses vous échappe… et je vais donc vous expliquer de quoi il s’agit. Les villes ont été divisées en secteurs, afin qu’elles soient mieux gérées et qu’on y évite le plus possible la violence. Le secteur A est constitué par l’élite ! Rien à voir avec vous de toute façon…
En prononçant ces derniers mots, la voix d’Anderson était pleine d’assurance.
_ C’est les hommes de pouvoir, la politique et aussi le show-bizz. Bref, tous ceux qui occupent le devant de la scène et qui font bouger le pays ! Le secteur B est celui des affaires, grandes firmes, grandes fortunes, etc. ! Plus à l’extérieur, on trouve le secteur C, celui des foyers aisés. Puis vient le D, pour les familles les plus modestes ! Entre ces quatre secteurs, il y a des échanges, pour la consommation principalement ! Tout cela est contrôlé certes, mais il y a tout de même des échanges, tandis que le secteur E, lui, est bien isolé. Il est réservé à tous ceux qui ont des difficultés à s’adapter, à cause de leur maladie ou de leur comportement. Il n’est pas possible de sortir du secteur E, c’est une impasse ! une voie de garage ! Si vous décidez d’y aller, il n’y aura là-bas aucun avenir pour vous ! Vous ne pourrez satisfaire aucune de vos ambitions !
_ C’est une sorte de mont Taygète ! répliqua Gary.
_ Quoi ? fit Anderson qui ne comprenait pas.
_ Le mont Taygète, expliqua le docteur Ross, était utilisé par les Spartiates pour se débarrasser de leurs nouveau-nés mal formés. On jetait les enfants du haut de la falaise…
_ Ah ? bon ! fit légèrement agacé Anderson. Au-delà de toute considération sur l’histoire antique, monsieur Doll, que choisissez-vous ?
Gary regarda l’ensemble de la pièce, puisqu’on l’invitait à prendre en compte tout ce qu’on lui avait dit, et il remarqua qu’au-dessus des médecins était fixé l’œil noir et impénétrable d’une caméra. Mais Anderson s’impatientait, il voulait une réponse !
Cet homme, Gary avait eu assez de temps pour s’en faire une idée, cet homme était plein de certitudes, il y avait dans son esprit des vérités, des vérités scientifiques inébranlables. « L’ego intact ! » était la meilleure formule pour le définir, car il ne doutait aucunement de sa personne, ni de la bonne fin de ses ambitions. Ce sentiment d’assurance, qu’il produisait, était encore renforcé par des traits réguliers, qui l’étaient peut-être un peu trop pour qu’on trouvât le personnage agréable : l’évidence de son appartenance à une élite refroidissait.
En fait, Anderson avançait dans la vie comme les paquebots qui font la fierté des nations et malheur à celui qui n’évitait pas son étrave ! D’ailleurs, le médecin considérait Gary comme une barque à la dérive et s’il s’occupait de lui, c’était parce que ses fonctions le lui commandaient encore, mais il visait évidemment plus haut ! il visait les sommets ! Cependant, il rajouta :
_ Si vous choisissez le traitement, vous serez placé dans un établissement spécialisé… et vous serez suivi par le docteur Ross !
Gary regarda de nouveau la jeune femme : blonde, sensuelle et bien faite, elle aurait provoqué sans mal le désir, n’était son air sévère qui constituait une barrière apparemment infranchissable : un pan de la muraille de Chine avec de la verdure !
Elle aussi devait avoir un plan de carrière et la consigne sans doute était : « On ne mélange pas le plaisir et le travail ! » Evidemment ! Et ce d’autant qu’il y avait la relation thérapeute patient…
_ Supposons, commença Gary, que j’opte pour le traitement et que je sois de bonne volonté, mais que je ne guérisse pas ?
_ Rassurez-vous, monsieur Doll, répliqua Anderson, nos techniques ont bien évolué ! Nous avons maintenant des machines aux résultats aussi surprenants qu’efficaces ! Nous sommes loin de la thérapie silencieuse et approximative ! Aujourd’hui, la guérison s’estime avec des chiffres et elle est exacte. Si vraiment ce n’est pas le cas, alors on aura recours aux bons vieux médicaments, qui contrôleront chez vous les pulsions et qui vous permettront tout de même le secteur D ! Alors qu’est-ce que vous en dites ?
Gary sentit que l’entretien était terminé et que s’il s’osbtinait, il fatiguerait avec le risque d’être classé comme un patient à problèmes. Il inspira et dit :
_ Très bien, je choisis le traitement !
_ A la bonne heure ! fit Anderson avec satisfaction. Le docteur Ross va vous faire remplir un formulaire, en attendant qu’une ambulance vienne vous chercher… pour vous conduire dans… dans votre nouvelle demeure !
_ Et mes bagages ?
_ Ne vous inquiétez pas, monsieur Doll, à partir de maintenant, on s’occupe de tout ! Vous voilà presque comme un coq en pâte !
Anderson quittait déjà la pièce, où entrait un garde, et Gary se mordit les lèvres : n’avait-il pas montré de la faiblesse en se préoccupant du sort de ses bagages ? Car en réalité il avait cherché à prolonger la discussion, pour avoir encore un peu de chaleur humaine. Evidemment, c’était un détail, mais à présent commençait une vie parfaitement inconnue et Gary se sentait naturellement sur ses gardes.
(La suite le mois prochain !)